C’est un grand plaisir pour moi d’intervenir ce soir devant vous, en cette fin de campagne qui sent si bon la victoire!
Je me dois d’excuser auprès de vous l’absence de Jean-Pierre Chevènement, qui aurait voulu être parmi nous, mais à qui François Hollande a demandé d’être à ses côtés pour son dernier meeting, ce soir à Toulouse.
Il se devait d’y être, aux côtés aussi de Martine Aubry et de Jean-Michel Baylet, pour manifester le soutien que notre parti, le Mouvement Républicain et Citoyen, a apporté dès le premier tour a François Hollande, comme l’a fait le PRG, chère Christiane Taubira.
Aujourd’hui, au-delà du rassemblement des forces de gauche, c’est l’ensemble des Républicains de progrès qui s’apprêtent à conduire notre pays vers le changement.
Ce changement, notre pays l’attend depuis longtemps.
La liste est longue des coups de canifs qui ont été portés ces dernières années contre l’édifice républicain, mais aujourd’hui, en ce doux mois de mai, c’est comme si nous n’avions plus envie d’y penser, tant nos regards se portent vers un avenir différent.
Et pourtant : cadeaux fiscaux aux plus riches, Ecole de la République délaissée, hôpital public maltraité, protection sociale contestée, laïcité bafouée, souveraineté budgétaire et souveraineté populaire balayées, soumission en politique intérieure comme en politique extérieure a la loi du plus fort: ce sont les fondements mêmes de notre pacte social qui ont été attaqués, pendant 5 ans, pendant 10 ans, souvent avec cynisme et arrogance.
Mais aujourd’hui, malgré la violence des attaques, malgré les mensonges, les raccourcis, les intimidations, malgré la peur qu’ils essayent d’agiter, c’est comme si plus rien ne pouvait y faire pour entraver le changement.
Vous avez tous vu le débat télévisé hier soir, et vous l’avez vu, le sortant, agité, acculé, ne parvenant plus, sauf dans de brefs soubresauts, à activer les manettes de ses vieux ressorts désormais grippés.
Alors, nous n’avons pas envie ce soir, de tirer sur l’ambulance, mais de parler du changement.
Le changement, il concerne d’abord les choix économiques.
Notre pays et l’Europe sont en crise. Une crise économique, sociale, morale même.
Et d’abord une crise financière.
Une crise née de la déraison d’un capitalisme financier débridé qui a remplacé la production de richesses par la folie de la spéculation.
Or, sans production de richesses, comment faire pour créer de l’emploi, pour financer notre protection sociale, pilier du modèle républicain, héritage du glorieux programme du Conseil national de la résistance?
Sans productions richesses, comment faire pour combler la dette?
Les mêmes qui ont encouragé cette dérégulation des marchés financiers, qui ont accompagné la dérive financière et ultralibérale de l’économie, les mêmes qui ont affaibli l’économie productive par complaisance vis à vis de la spéculation, veulent aujourd hui contraindre les peuples a l’austérité.
Souvenons-nous que Nicolas Sarkozy vantait en 2007 les mérites des subprimes, ces crédits hypothécaires qui ont précipité les Etats-Unis puis le monde dans la crise financière.
La crise n’est pas tombée du ciel.
Elle est le fruit d’un système qu’il faut bousculer.
Dérégulation économique, libre échange triomphant, obsession de l’euro fort, renoncements de souveraineté n’ont fait qu’aggraver la désindustrialisation et ses corollaires : chômage, effritement de la protection sociale, déclin de la solidarité nationale.
Le remède, ça n’est pas l’austérité à perpétuité qui ne peut qu’aggraver la crise et finalement la dette.
Le remède, c’est forcément la relance de la machine économique aujourd’hui anesthésiée. C’est le sens des propositions de François Hollande et, en tête de celles-ci, de la démarche qu’il a inscrite dans ses priorités pour le lendemain de l’élection : la renégociation du traité européen signé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, pour modifier le rôle de la Banque centrale européenne qui doit être au service de la croissance et de l’emploi, et pas au service de la rente.
L’Europe a depuis trop longtemps tourné le dos au progrès social.
Aujourd’hui, sous l’influence forte de la Chancelière allemande à qui Nicolas Sarkozy n’a jamais dit non, on voudrait imposer à tous les peuples d’Europe une cure d’austérité.
Se soumettre, accepter la spirale de cette austérité qui asphyxie notre économie et notre peuple, ou se donner les moyens d’agir, c’est l’enjeu important de cette élection.
Car c’est de la relance de la machine économique que dépend la capacité de la France à reprendre confiance en elle, à s’aimer elle-même pour être aimée de ses enfants.
Et c’est de la relance de la machine économique que dépend la restauration de la promesse républicaine d’égalité.
François Hollande l’a dit : l’âme de la France, c’est l’égalité.
L’instrument de l’égalité, c’est l’école de la République, lieu de l’émancipation par l’apprentissage des savoirs et de la citoyenneté, qui arme les enfants de la Nation à l’abri de tout ce qui à l’extérieur de l’école, les renvoie aux inégalités de la naissance.
Car c’est très tôt que s’enkystent les inégalités : c’est pour cela que François hollande place la jeunesse au cœur des priorités de la Nation pour les cinq années qui viennent.
Dans son fameux discours à la jeunesse, le grand Jaurès disait que le courage, c’est de comprendre le réel et d’aller vers l’idéal.
Les propositions de François Hollande sont ancrées dans le réel. Elles n’agitent pas de chimères.
Mais c’est parce qu’elles sont réalistes en étant ambitieuses, qu’elles ouvrent le voie d’un vrai changement.
Ce changement, chers amis, chers camarades, il est à portée de main.
Nous le sentons venir, même ici, sur ces terres des Alpes-Maritimes et du Var où la droite se sent si solidement installée, et où, pourtant, tous les petits barons du sarkozysme vont bientôt être terriblement démodés.
Nous sentons que ce doux parfum du mois de mai, cet élan du changement, va venir jusqu’ici, car les femmes et les hommes de ce territoire, ceux qui vivent difficilement de leur travail ou de leur retraite, ceux qui désespèrent de trouver le travail qu’ils méritent, ceux qui sont en colère, ceux qui vivent mieux mais qui n’acceptent pas de voir la France abaissée, tous ceux qui pensent que nous pouvons reprendre en main notre avenir, tous ceux-là vont voter pour le changement, tous ceux-là vont voter pour François Hollande.
La victoire n’est jamais acquise à l’avance, alors convainquons-les !
Mobilisons-nous !
Le changement, c’est maintenant, la République, c’est maintenant !





