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APPEL POUR UNE OPPOSITION CONSTRUCTIVE ET COMBATIVE

Demain, vendredi 18 décembre 2015, Christian Estrosi sera élu Président
du
Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans un hémicycle où aucun
élu
de gauche ne siégera, et où le silence du camp du progrès sera
assourdissant
pendant six ans.

Un silence d’autant plus assourdissant qu’il interviendra après dix-sept
ans de gestion de la Région par la gauche rassemblée, et alors que les
électeurs lui avaient au premier tour donné un nombre total de voix peu
inférieur au total de celles de Christian Estrosi.

Cette situation politique exceptionnelle, induite par le retrait, pour
faire barrage à l’élection de Marion Maréchal-Le Pen, de la liste de
Christophe
Castaner à laquelle nous participions, appelle la gauche à une analyse et à
une
action qui soient à la hauteur des événements.

Même si un grand nombre d’électeurs de gauche et de républicains sincères
se sont mobilisés pour empêcher l’inquiétante perspective de l’arrivée aux
responsabilités du Front national en région, on aurait tort d’ignorer le
message tonitruant qu’adressent à la communauté nationale et aux
responsables
politiques nos concitoyens qui votent pour le Front National.
Et c’est en premier lieu à la gauche de manifester à ces électeurs,
inquiets pour leur avenir et ceux de leurs enfants, sa volonté d’entendre
leur
colère et sa combativité pour incarner un espoir.

Nous, citoyens engagés, tous trois porte-paroles de Christophe Castaner
pendant la campagne des élections régionales, appelons la gauche régionale
à se
constituer en une opposition constructive et combative à la politique de
Christian Estrosi.
Une opposition à laquelle le retrait de notre liste n’a pas permis
d’exister dans l’hémicycle, mais une opposition qui doit aux électeurs de
gauche, orphelins depuis le premier tour, et à tous les républicains
sincères,
d’exister à l’extérieur de l’hôtel de région.

Nous savons distinguer l’extrême-droite de la droite classique, même
quand
cette dernière se laisse aller à des discours extrêmes, mais nous savons
aussi
ce qu’est la gauche, sa responsabilité dans l’histoire et pour l’avenir.

Notre appel d’aujourd’hui répond aussi à celui des très nombreux citoyens
qui ont voulu faire entendre leur refus du renoncement de la gauche,
notamment
les 10794 signataires d’une pétition improvisée par quelques uns d’entre
eux au
lendemain du premier tour.

Nous connaissons l’expérience, l’attachement à notre région, et la force
des convictions de nos ex-colistiers, qu’ils aient participé ou non aux
responsabilités au cours des trois mandats du Président Vauzelle.

Aussi, nous ne pouvons envisager de voir ces forces vives n’être que
spectatrices des décisions qui seront prises dans des domaines aussi
stratégiques que le développement économique pour l’emploi, la formation
professionnelle, les transports, les lycées ou l’aménagement du territoire.

C’est pourquoi, nous appelons, à la veille de ce jour solennel
d’installation de la nouvelle assemblée régionale, à la constitution d’une
opposition de gauche, qui doit associer dans le rassemblement une
représentation de la liste « notre région, notre fierté » comme de la liste
« pour une région coopérative ».

Si nous sommes prêts à évoquer avec la majorité élue grâce au retrait de
la
gauche, les modalités de garantie de notre expression publique, nous
refuserions toute initiative qui conduirait notre opposition à être réduite
au
rôle de simple caution.

Notre opposition se veut constructive mais libre et combative.
Nous savons qu’elle pourra compter sur des voix qui portent loin, celles
de
Michel Vauzelle et de Christophe Castaner.

Aux électeurs de gauche et à tous les républicains sincères meurtris par
la
douloureuse alternative imposée au soir du premier tour, nous exprimons
notre
volonté farouche de porter une voix différente, une voix d’espoir et de
construction de l’avenir pour le camp du progrès en Provence-Alpes-Côte
d’Azur.

Cécile Muschotti,
Christophe Pierrel,
Ladislas Polski